Une formation initiale des enseignants renforcée pour un enseignement d’excellence.

 

Rendre l’école plus efficace et plus équitable, c'est d'abord assurer aux enseignants la meilleure formation initiale possible. L’expérience montre en effet que les réformes qui agissent sur les dispositifs scolaires ont des effets limités si elles ne sont pas accompagnées d’un travail sur la formation initiale des enseignants pour faire évoluer les pratiques pédagogiques.

Ce mercredi 24 mai 2017, le Gouvernement de la Fédération Wallonie Bruxelles a approuvé en première lecture l’avant-projet de décret relatif à la Formation initiale des enseignants. 

Initiée en 2013 à l’initiative du Ministre Marcourt après une première évaluation, la réforme s’est construite avec l’ensemble des acteurs. Pour le Ministre de l’Enseignement supérieur, « elle s’appuie sur une base réflexive solide et s’articule avec les préoccupations portées par les enseignants dans le cadre du Pacte pour un enseignement d’Excellence ».

Cette réforme décisive a, selon Jean-Claude Marcourt, « l’ambition de donner aux futurs enseignants la capacité d’agir comme acteurs pédagogiques, sociaux et culturels au sein de l’école et de la société ».

Elle s’articule autour de plusieurs avancées majeures :

L’allongement de la formation pour mieux outiller les enseignants et les aider à faire face aux exigences croissantes du métier

La formation sera portée à un minimum de quatre années pour les futurs enseignants qui auront en charge les élèves depuis leur entrée dans l’école jusqu’à leur 3ème secondaire ; cette formation débouchera sur un Master en enseignement. La formation sera de 5 années pour les enseignants de l’enseignement secondaire supérieur qui se destinent immédiatement à l’enseignement. Pour celles et ceux qui souhaitent entreprendre une carrière d’enseignant au terme de leur Master à finalité spécialisée, l’agrégation sera renforcée et comprendra non plus 30, mais 60 crédits.

Un test non contraignant de maîtrise de la langue française

Un enseignant doit effectivement bien maîtriser la langue de l’enseignement pour « faire acquérir » aux élèves les compétences langagières essentielles à la poursuite de leur scolarité.

Un renforcement des savoirs disciplinaires, pédagogiques et didactiques des futurs enseignants pour restaurer le plaisir et le désir d’enseigner

Des approches variées doivent être développées selon les contextes, les apprentissages visés et les besoins des élèves. C’est pourquoi les enseignants doivent disposer de savoirs solides qui leur permettent de gérer des situations complexes et imprévisibles.

Un recouvrement des niveaux d’enseignement, le "tuilage"

La réforme abandonne le système segmenté et hiérarchisé actuel. Elle opte pour une structure de formation qui traduit l’expression d’un même métier. Les champs de compétences sont dès lors redéfinis afin de permettre un recouvrement des niveaux d’enseignement. 

Une classe de cinquième année primaire pourra, par exemple, être prise en charge par un instituteur dans toutes le disciplines et un enseignant du secondaire inférieur dans une famille de disciplines. Ou encore, une classe de deuxième année primaire poura être prise en charge par un instituteur primaire et un instituteur maternel.

Ce système permet de fluidifier les échanges entre les niveaux d’enseignement et de renforcer les ressources au sein d’équipes éducatives mixtes. 

L’alternance entre les apprentissages théoriques et la formation pratique pour donner aux étudiants une approche concrète et réaliste de leur futur métier

Pour le Ministre, « la découverte du métier doit se faire au plus près de la réalité de terrain : des mises en situation sous forme d’ateliers de pratique professionnelle, des stages doivent permettre d'assurer l'indispensable liaison entre la théorie et la pratique et de faire découvrir aux futurs enseignants une diversité de situations selon les types, les niveaux, les lieux d’enseignement et d’éducation. »

Une attention particulière aux contenus de formation ciblés sur la remédiation et l’inclusion des élèves à besoins spécifiques

Tout élève peut rencontrer des difficultés d’apprentissage qui restent passagères si elles sont prises en charge immédiatement. La future formation initiale préparera les enseignants à repérer ces difficultés, à les analyser et à y apporter une réponse rapide par un ajustement des pratiques d’enseignement.